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	<title>Brèves &#8211; Gabriel Monette</title>
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	<description>Le site de Gabriel Monette</description>
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		<title>De l&#8217;argent à partir de rien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2020 03:45:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://img.ibs.it/images/9781612198569_0_221_0_75.jpg" alt="" width="174" height="261"/><figcaption>La couverture du livre. J&rsquo;aime bien le style</figcaption></figure></div>



<p>J&rsquo;ai découvert la Modern Monetary Theory (MMT) via quelques débats dans les balados <em>Slate Money</em> et <em>Capitalisn&rsquo;t.</em> J&rsquo;en ai aussi entendu parler ici et là dans les discussions sur les remèdes à plusieurs maux de nos sociétés contemporaines autant par des amis que par certains politiciens (surtout aux États-Unis). Je dois dire que j&rsquo;étais, avant de lire le livre, déchiré par son thème fondamental, cette théorie « moderne » de la monnaie. D&rsquo;un côté, je trouvais la fixation sur la dette nationale problématique, mais de l&rsquo;autre, je croyais qu&rsquo;il fallait s&rsquo;en préoccuper. Toutefois, on me disait souvent que je ne devais pas imaginer les finances des États souverains comme les finances des individus&#8230; notamment parce que les États ont la capacité de produire de l&rsquo;argent. Cela dit, même des États souverains comme l&rsquo;Argentine avaient des difficultés avec les créanciers et la dette. Donc je ne savais pas trop quoi penser de l&rsquo;idée d&rsquo;imprimer de l&rsquo;argent « from Nothing ». Cela dit, j&rsquo;étais curieux et je voulais me faire une tête sur ce sujet, car je n&rsquo;avais pas d&rsquo;idée claire sur celui-ci. Alors que j&rsquo;étais déchiré entre l&rsquo;attirance et la répulsion, j’ai vu que le livre était écrit par un auteur que j’aimais bien, Aaron James (notamment pour son déjà classique <em>Asshole : A Theory</em>), a écrit un livre sur le sujet en collaboration avec Robert Hockett, j’ai sauté sur l’occasion de le lire. J’ai dévoré <em>Money from Nothing</em> en quelques jours.</p>



<p>Dans ce provocant ouvrage, ils présentent une conception de l&rsquo;argent qui n&rsquo;est pas étrangère à celle que David Greaber présente dans <em>Debt </em>(mais ils le font plus succinctement et clairement), c&rsquo;est-à-dire que l&rsquo;argent est en fait une dette, un « I owe you » ou I.O.U. et non simplement un moyen d’échange. Avec cet outil en main, ils écorchent radicalement les défenseurs des cryptomonnaies privés, expliquent le rôle central de la réserve fédérale et des banques centrales en général. Pour eux, la taxation ne sert pas à payer les dépenses, mais bien qu’à contrôler les flux monétaires et à gérer la distribution de la richesse.</p>



<p>Pourquoi? Selon eux, le pouvoir de l&rsquo;État d&rsquo;émettre des promesses n&rsquo;est pas contraint par les limites habituelles des budgets des individus ou des entités monétairement non souveraines. Ce pouvoir est pour eux équivalent à celui d’émettre des promesses. Pour reprendre une image qu&rsquo;ils utilisent : une personne ne peu pas manquer de promesse à faire. Il serait étrange qu&rsquo;après avoir demandé à un ami de l&rsquo;aide de se questionner à savoir où il peut bien trouer les promesses qu&rsquo;ils fait. Il n&rsquo;y a pas de limite quantitative à faire des promesses. Certes, on peut faire trop ou trop peu de promesses, mais on ne peut pas « ne plus avoir de promesses à faire ». On peut seulement avoir fait trop de promesses et en subir les conséquences ou en avoir fait trop peu&#8230; À ce titre, James et Hockett notent qu&rsquo;une vie sans promesses est une vie assez pauvre. C&rsquo;est là le point « philosophique » du livre. L&rsquo;argent que nous avons n&rsquo;est qu&rsquo;une promesse de l&rsquo;État. Or, une promesse est un acte performatif qui n&rsquo;est pas limité quantitativement. Ce qui limite le pouvoir de l&rsquo;État de créer de la monnaie n&rsquo;est que dans l&rsquo;évaluation des effets, notamment l&rsquo;inflation. </p>



<p>Pourquoi les monnaies privées (comme les cryptos) n&rsquo;auront-elles jamais l&rsquo;importance des monnaies nationales? Parce que ce qui donne aux monnaies nationales une importance centrale réside dans le pouvoir de taxation de l&rsquo;État et son monopole de la violence. L&rsquo;exemple que les auteurs prennent pour faire valoir ce point est la transition des monnaies nationales européennes à l&rsquo;Euro. Cette nouvelle monnaie a rapidement remplacé les monnaies de chaque État de l&rsquo;Union notamment parce que les impôts et les taxes ont dû être payés dans la nouvelle monnaie. Avant cela, la monnaie des seigneurs et des rois était désirée notamment parce qu&rsquo;elles étaient importantes pour payer les rois et les seigneurs.</p>



<p>Le point fondamental est alors que les banques privées ne sont que des institutions qui servent à qui l’État à externaliser le pouvoir de créer de l’argent. Pourquoi? Pour des raisons pratiques et technologiques. En effet, avant l&rsquo;époque contemporaine, il était très difficile pour l&rsquo;État d&rsquo;avoir un contrôle rapide sur la création monétaire. Pour cette raison, argumentent les auteurs du livre, les gouvernements se sont tournés vers les banques privées pour jouer ce rôle d&rsquo;intermédiaires. Or, avec les transformations technologiques, les banques centrales pourraient bien reprendre ce pouvoir et distribuer directement l’argent comme bien lui semble. Créer de l’argent « from nothing » pour payer les services publics ou redistribuer la richesse. Pour défendre cette position, ils mobilisent des auteurs aussi divers que Keynes, Minsky ou d’autres classiques sur le sujet.</p>



<p>Cela soulève évidemment des enjeux profonds de gouvernance. Si l&rsquo;État est légitime dans la création monétaire, comment peut-on s&rsquo;assurer que les gouvernants n&rsquo;abuseront pas de leur pouvoir pour des raisons stratégiques ou électorales? En fait, ici, les auteurs retournent la question. Quelles sont les institutions qui, aujourd&rsquo;hui, créent de la monnaie? L&rsquo;État, mais aussi ses partenaires, les banques privées. Or, celles-ci prennent une part de la richesse générée par la création de la monnaie. Le statu quo est lui-même problématique problématique lui-même. La distribution présente de la richesse émergeant de la création monétaire n&rsquo;est pas neutre. Il suffirait que la Réserve Fédérale et la Banque centrale européenne assument plus clairement leur rôle. Que devraient-elles faire avec ce rôle? Pleins de choses : donner de l&rsquo;argent directement aux individus en cas de besoin par exemple. Les auteurs notent que c&rsquo;est déjà le cas pour certains groupent. Aux États-Unis, les nombreuses guerres et conflits qui ont couté « cher » au gouvernement ont été financés par la création monétaire. Ce sont les entreprises et les travailleurs de l&rsquo;industrie de la défense et l&rsquo;armée qui ont profité de cette création monétaire et pas un autre groupe. L&rsquo;État pourrait choisir autrement. Il pourrait choisir d&rsquo;offrir beaucoup de services publics et de ne pas faire payer beaucoup d&rsquo;impôts. Il pourrait favoriser un « Green New Deal », une société pleine de coopératives, un revenu de base, un capital de base, un programme d&#8217;emploi garanti. Les possibilités sont infinie pour les auteurs.</p>



<p>On pourrait se surprendre de cela et rétorquer que tous ces projets ont un coût et que ce sont les prochaines générations qui vont payer pour nos dépenses présentes à cause d&rsquo;une dette énorme qu&rsquo;on va leur laisser. Or, ce n&rsquo;est pas bien comprendre la notion de dette pour James et Hockett. Pour eux, ce n&rsquo;est pas de la dette qui finance pour eux l&rsquo;État, mais la création monétaire. La dette étatique n&rsquo;est qu&rsquo;un moyen comme un autre de gérer la quantité de promesses faites par l&rsquo;État. De plus, chaque dette est lié à un actif quelque part dans l&rsquo;économie. Si cet actif est productif, alors il ne générera pas beaucoup d&rsquo;inflation. Ce sont les actifs improductifs qui génèrent l&rsquo;inflation.</p>



<p>La question fondamentale reste alors celle de l&rsquo;inflation. Si l&rsquo;État peut générer de la monnaie comme il le veut, n&rsquo;est-ce pas une recette pour une inflation incontrôlable? Encore là, les auteurs rejettent cette idée. Certes, l&rsquo;inflation a longtemps été un problème économique important pour les sociétés, or, les banques centrales ont développer avec le temps des mécanismes de plus en plus sophistiqués pour lutter contre celle-ci. Pour eux, une banque centrale est semblable à un radar dans les nouvelles voitures intelligentes. Elle fait de son mieux pour détecter s&rsquo;il y a trop ou trop peu d&rsquo;inflation et agit en conséquence. Un tel outil est évidemment imparfait, mais il est perfectible. </p>



<p>J&rsquo;ai l&rsquo;impression que tout cela ne règle pas la question épineuse de la gouvernance des banques centrales. Le livre laisse souvent entendre que leur dépolitisation, c&rsquo;est-à-dire leur distance des enjeux électoraux, est une piste importante et que celles-ci devraient continuer à être gouvernée comme des bureaucraties épistocratiques. Or, à d&rsquo;autres moments, ils en viennent à défendre l&rsquo;idée que la création monétaire devrait suivre des buts politiques clairs (<em>Green New Deal</em>, etc.). Cette tension ne m&rsquo;a jamais semblé clarifiée. </p>



<p>Le livre se termine sur un ensemble d&rsquo;outils disponibles aux banquiers centraux à notre époque, avec notre niveau technologique et je serais curieux de voir si j&rsquo;aurai la chance de voir se réaliser quelques-unes des politiques ou manière de faire qu&rsquo;ils proposent.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/00/HymanMinsky-1.jpg" alt="" width="300" height="225"/></figure></div>



<p>Cet essai est à la fois clair, percutant, explicite et particulièrement pédagogique. Je ne m&rsquo;attendais pas apprécier autant une lecture sur un sujet drabe comme la finance nationale, les dettes et les banques centrales. J&rsquo;avais lu à la fin 2019 l&rsquo;excellent, mais drabe livre sur le sujet d&rsquo;Adam Tooze (<em>Crashed: How a Decade of Financial Crises Changed the World</em>) et m&rsquo;étais dit que j&rsquo;en savais assez pour ne plus avoir à encore me frotter à ce sujet difficile, complexe et parfois ennuyeux. Or, le travail de James et Hockett est à la fois lumineux et suffisamment bien écrit pour avoir du plaisir à en apprendre.</p>



<p>Ce livre me plaît particulièrement, parce qu&rsquo;il mêle une réflexion philosophique profonde avec des recommandations institutionnelles concrètes et explicites qui ne nécessitent pas de révolutionner l&rsquo;ensemble de notre système économique. Les propositions des auteurs pourraient se faire « dans le monde tel qu&rsquo;on le connaît ». C&rsquo;est le défi que je me suis donné dans ma thèse, proposer une analyse philosophique solide et en tirer des conclusions normatives qui ne présupposent pas un monde radicalement étranger au nôtre. C&rsquo;est un défi particulièrement difficile que les auteurs réussissent ici avec brio. J&rsquo;ai aussi apprécié la teinte « républicaine » que les auteurs ont pris pour les recommandations finales même si celle-ci a la saveur « agraire » si populaire aux États-Unis. Pour les auteurs (et la stratégie est probablement rhétorique), la redécouverte du pouvoir des banques centrales doit nécessairement venir reconstruire le lien social et aider à reconstituer une communauté de citoyens engagés indépendants. Ils mobilisent à ce moment toute l&rsquo;imagerie du citoyen républicain indépendant. Dans un contexte moderne où la vie agraire n&rsquo;est plus l&rsquo;idéal de l&rsquo;indépendance privée, James et Hockett invitent à redistribuer la richesse sous forme de propriété dans une économie de coopératives, par le biais de dotation en capital, part d&rsquo;entreprises, etc. L&rsquo;idée est inspirante, mais aurait gagné à être plus clairement liée avec les activités de la banque centrale. D&rsquo;une perspective républicaine, le pouvoir centralisé de la création monétaire par une autorité gouvernementale peut être aisément conçu comme étant une source de domination, surtout si il est difficile voir impossible d&rsquo;avoir un contrôle démocratique sur celle-ci.</p>



<p>Plus personnellement, ce livre m&rsquo;a bien plu et surtout a confirmé ma curiosité concernant le lien entre le droit, la philosophie et l&rsquo;économie. Dans ma thèse, j&rsquo;ai exploré le lien entre le droit commercial, la structure des entreprises et la liberté. J&rsquo;y ai découvert l&rsquo;impact parfois sous-estimé du droit. Un effet que je vois ici encore avec la monnaie et l&rsquo;argent&#8230; et qui me donne le goût d&rsquo;en savoir plus. Le hasard fait bien les choses. Dans le cadre d&rsquo;un groupe de lecture, je me suis lancé dans la lecture de <em>The Code of Capital</em> de Katharina Pistor. Ce livre présente une analyse juridique de la question de la dette et plus précisément des structures juridiques qui peuvent être mobilisées dans nos sociétés capitalistes pour s&rsquo;enrichir. </p>

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		<title>Projet de groupe de lecture</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2020/08/projet-de-groupe-de-lecture/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2020 17:18:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Club de Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie politique et économique]]></category>
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					<description><![CDATA[Maintenant que la thèse se termine, je ressens le retour de l&#8217;air frais et de la curiosité intellectuelle. Dans les derniers mois de rédaction (et d&#8217;enseignement), j&#8217;ai eu l&#8217;envie de lire bien des livres que j&#8217;ai dû laisser de côté pour me concentrer sur le texte de la thèse. Maintenant, je peux me permettre d&#8217;aller [&#8230;]]]></description>
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<p>Maintenant que la thèse se termine, je ressens le retour de l&rsquo;air frais et de la curiosité intellectuelle. Dans les derniers mois de rédaction (et d&rsquo;enseignement), j&rsquo;ai eu l&rsquo;envie de lire bien des livres que j&rsquo;ai dû laisser de côté pour me concentrer sur le texte de la thèse. Maintenant, je peux me permettre d&rsquo;aller lire tout ça.</p>



<p>Si le monde académique m&rsquo;a appris une chose, c&rsquo;est que lire en communauté, en groupe, est souvent un moyen efficace et précieux pour approfondir de manière fructueuse un texte ou un ouvrage. Une amie a récemment commencé à organiser un groupe de lecture particulièrement intéressant et stimulant qui m&rsquo;a donné l&rsquo;envie de faire de même pour certains textes qui m&rsquo;intriguent depuis plusieurs mois. En fait, je dois dire aussi que je vais enseigner les idées de certains d&rsquo;entre eux, donc en discuter dans un cadre plus collégial ne serait pas déplaisant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Livres</h2>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://images.penguinrandomhouse.com/cover/9780735221994" alt="" width="203" height="309"/></figure></div>



<p>La question de la méritocratie a longtemps été quelque chose qui m&rsquo;a titillé et fasciné. C&rsquo;est une question qui me fascine d&rsquo;autant plus que je sors à peine du monde académique et que ce monde est particulièrement traversé de tension élitiste et méritocrates. </p>



<p>C&rsquo;est pour cette raison que dans un potentiel groupe de lecture, je proposerais la lecture d&rsquo;un livre récent et polémique que j&rsquo;ai découvert via une entrevue dans <a href="https://slate.com/podcasts/slate-money/2019/09/slate-money-on-meritocracy-the-mit-media-lab-and-volfefe">une balado que j&rsquo;aime bien</a> (mais en anglais). Je dis polémique, car l&rsquo;auteur ne prend pas la stratégie habituelle pour critiquer la méritocratique. Traditionnellement, pour le peu que j&rsquo;en connais, on critique la méritocratie en défendant l&rsquo;idée que la richesse et le « mérite » n&rsquo;est en fait que le résultat du travail collectif de la société et dépend beaucoup de condition hors de contrôle de l&rsquo;individu. Il n&rsquo;y aurait donc pas, en fait, de mérite.</p>



<p>Ce livre prend une autre approche et accepte la prémisse selon laquelle il y a du mérite et qu&rsquo;en fait, dans nos sociétés, le problème est que nos institutions sont trop méritocratiques. Je ne sais pas encore ce que je pense de cette idée. C&rsquo;est en fait un peu pourquoi j&rsquo;aurais envie d&rsquo;en discuter dans un groupe de lecture.</p>



<p>J&rsquo;avais commencé à lire le livre quelque part à l&rsquo;automne 2019, avec une personne qui m&rsquo;est très chère et dont je ne pourrais trop vanter les capacités intellectuelles et analytiques. Cette personne avait émis des critiques sévères et appropriées sur le livre et j&rsquo;avais, pour cette raison et pour d&rsquo;autres, laissé le livre de côté. J&rsquo;aimerais le relire en bonne compagnie. Voici une autre entrevue fascinante qui explore en détail les idées du livres (en anglais).</p>



<iframe loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed-podcast/episode/3QsjPxWbRDCyP6jbeETRFu" allowtransparency="true" allow="encrypted-media" width="100%" height="232" frameborder="0"></iframe>



<p>Michael Sandel, est un philosophe que j&rsquo;aime beaucoup. Non seulement est-il clair, limpide et provocant, <a href="https://www.theguardian.com/books/2020/sep/06/michael-sandel-the-populist-backlash-has-been-a-revolt-against-the-tyranny-of-merit">mais il semble aussi savoir quoi écrire pour suivre les tendances, les enjeux du moment</a>. Il est connu pour son cours sur la justice, mais aussi pour son livre sur ce que l&rsquo;argent ne peut acheter et les limites morales du marché. Au milieu du mois du mois de septembre, il publiera un livre sur la question de la méritocratie. La question de la méritocratie et sa critique est une question qui a le vent dans les voiles. Je crois qu&rsquo;ajouter à la liste de lecture un chapitre du livre de Sandel serait une bonne manière de voir ce qu&rsquo;en pense un philosophe important sur cette question centrale.</p>



<figure class="wp-block-embed-ted wp-block-embed is-type-video is-provider-ted wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Michael Sandel: The tyranny of merit" src="https://embed.ted.com/talks/michael_sandel_the_tyranny_of_merit" width="500" height="282" frameborder="0" scrolling="no" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe>
</div></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://external-content.duckduckgo.com/iu/?u=https%3A%2F%2Fimages-na.ssl-images-amazon.com%2Fimages%2FI%2F414oyCvxY-L._SY445_QL70_ML2_.jpg&amp;f=1&amp;nofb=1" alt="" width="206" height="313"/></figure></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p>Un autre livre que j&rsquo;aimerais explorer est le livre du philosophe polémique et fascinant Jason Brenan et son collègue Phillip Magness : Cracks in the Ivory Tower. Dans celui-ci, Brenan propose une critique sévère du monde académique et des incitatifs pervers qui existe en son sein. Mon périple de trop nombreuses années dans ce monde académique et les nombreuses personnes (et amis) que j&rsquo;y ai rencontrés m&rsquo;ont donné un sentiment difficile à cerner et je crois que cette lecture critique m&rsquo;aiderait à y voir plus clair.</p>
</div></div>



<p>Jason Brennan est un auteur intéressant, provocateur, mais aussi stimulant intellectuellement. Le premier livre que j&rsquo;ai lu de lui est <em>Against Democracy</em>. Dans ce livre, il oppose à la démocratie l&rsquo;épistocratie (le pouvoir aux experts, à ceux qui savent). Même si je ne partage pas ses convictions et ne suis pas toujours convaincu par les arguments, j&rsquo;aime le lire. Je trouve son écriture puissante et intelligente. Elle stimule la réflexion. Plus récemment, ses travaux se sont concentrés sur le monde académique. </p>



<p>Le monde académique est un monde particulièrement compétitif et inégalitaire. Il est entouré par un discours méritocratique structuré autour d&rsquo;un système de type « gagnant rafle la mise » (winner takes all) qui me déçoit souvent. S&rsquo;ajoute à ces critiques qui me semblent quasiment être du sens commun une que je n&rsquo;avais jusqu&rsquo;ici par imaginé. Jason Brennan, <a href="https://200proofliberals.blogspot.com/2020/07/is-academia-right-wing-institution-with.html">dans un récent billet de blogue</a> qui tire sa matière de <a href="https://global.oup.com/academic/product/cracks-in-the-ivory-tower-9780190846282">son récent livre</a>, accuse le monde académique d&rsquo;être hypocrite. Pourquoi? Parce que le monde académique, très « de gauche » dans son discours, serait en réalité une institution profondément « de droite », au sens où elle serait non seulement inégalitaire (comme je le disais), mais aussi, sous couvert de discours égalitaristes sophistiqués, le lieu d&rsquo;une compétition extrême bien loin de l&rsquo;image de la collaboration intellectuelle qu&rsquo;on prête souvent à la recherche.</p>



<p>Comme pour le livre de Markovits, je ne sais pas trop quoi penser de cette perspective très critique, mais j&rsquo;aurais envie d&rsquo;en discuter, ne serais-ce que pour à son tour la critiquer.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://external-content.duckduckgo.com/iu/?u=https%3A%2F%2Fimages.newrepublic.com%2F6a5a21c9f411a05616c71559fa89372c61f013c3.jpeg%3Fw%3D640&amp;f=1&amp;nofb=1" alt="" width="187" height="284"/></figure></div>



<p>Je ne suis pas économiste, mais le hasard a fait que j&rsquo;ai côtoyé plusieurs économistes et j&rsquo;ai eu à survoler cette littérature pour mes recherches doctorales. Ce n&rsquo;est malheureusement que trop tard que je suis tombé sur ce livre d&rsquo;Anne Case et Angus Deaton qui développent une analyse troublante et fascinante des dernières recherches sur l&rsquo;effet du capitalisme contemporain sur un large pan de la population. </p>



<p>J&rsquo;avais connu Deaton grâce à son livre de 2013 : <em>The Great Escape: Health, Wealth, and the Origins of Inequality</em> qui présente de manière éloquente l&rsquo;immense progrès des dernières décennies sur le plan de la santé, notamment. Il y développait un perspective inspirante et optimiste de l&rsquo;ouverture au monde, des marchés et plus généralement du capitalisme. Or, dans ce plus récent livre dont je propose la lecture, Deaton et Case montrent le côté « obscur » du capitalisme et des dangers qu&rsquo;il présente. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que lire ce livre en bonne compagnie permettrait d&rsquo;aborder des sujets difficiles, mais importants (la question des drogues, le rôle de l&rsquo;État, l&rsquo;industrie de la santé, etc.).</p>



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<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://img.lemde.fr/2019/09/03/0/0/1330/2000/688/0/60/0/57aecaa_O4E2Gict4pZAitJsGOQNQnL4.jpg" alt="" width="184" height="277"/></figure></div>



<p>J&rsquo;avais envisagé proposé aussi la lecture du dernier bouquin de Piketty, l&rsquo;immense brique <em>Capital et Idéologie</em>. Néanmoins, le livre est trop massif pour être lu au complet en groupe. Il serait cependant pertinent d&rsquo;en prendre quelques parties et de les discuter. Je pense notamment moment où il se veut plus normatif que descriptif (car, en historien de l&rsquo;économie, il est souvent très descriptif) : la question du socialisme partifipatif, la question de la justice transnationale, la question de l&rsquo;impôt sur la richesse et surtout la question de la dotation universelle en capital.</p>



<p>La question de la participation et la démocratisation des institutions économiques est évidemment très près de ma recherche doctorale, mais je ne serais pas mécontent de confronter mes idées à celles de Piketty. Cependant, j&rsquo;aimerais surtout discuter de la question de la dotation universelle en capital, une idée que j&rsquo;ai entendu parfois par les travaux de Ackerman, Olin Wright (<a href="https://www.ssc.wisc.edu/~wright/Redesigning%20Distribution%20v1.pdf">de ce genre là</a>) ou même Thomas en tant que forme alternative de redistribution. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/411FKkRsXLL.jpg" alt="" width="187" height="284"/></figure></div>



<p>Cela dit, en parlant de ma thèse, je ne serais pas malheureux d&rsquo;explorer des idées que j&rsquo;ai explorées dans les dernières années dans un autre cadre que celui de ma recherche. Je pense notamment à l&rsquo;excellent livre d&rsquo;Alan <em>Thomas Republic of Equals</em> qui est à la fois brillant et rempli d&rsquo;éléments à discuter, de problèmes et de difficultés. Sa défense d&rsquo;une démocratie des propriétaires est curieuse et érudite. J&rsquo;aimerais bien avoir la perspective critique de mes amis et collègues. Ce livre serait aussi une bonne base pour évoquer certaines critiques faites aux coopératives, pour parler de dotation universelle, etc. Les prochaines recherches de Thomas sur le lien entre émotions et inégalités ou sur les questions monétaires s&rsquo;annoncent aussi fascinantes.  </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://external-content.duckduckgo.com/iu/?u=https%3A%2F%2Ftse2.mm.bing.net%2Fth%3Fid%3DOIP.MKxD-qSAKGrxt7_DORAozwHaK9%26pid%3DApi&amp;f=1" alt="" width="165" height="244"/></figure></div>



<p>La question des monopoles et de la concentration croissantes qui a lentement lieu dans nos sociétés m&rsquo;intrigue et me donne envie d&rsquo;en savoir plus. Cave et Deaton en discute un peu à la fin de leur livre, mais de manière conclusive, sans avoir de position claire. C&rsquo;est évidemment vertueux que de ne pas prendre encore position sur une question qui est encore aujourd&rsquo;hui objet de nombreux débats, mais j&rsquo;aimerais entrer dans les débats. Cependant, je ne sais pas par où commencer. J&rsquo;ai adoré ma lecture du livre de Matt Stoller <em>: how monopolies secretly took over the world</em> (2019). Ce dernier est très polémiste, mais tout autant fascinant, parce qu&rsquo;il retrace, comme le fait Tim Wu dans <em>The Curse of Bigness: Antitrust in the New Gilded Age</em> (2018) une histoire des monopoles et des luttes antitrusts. On pourrait aussi lire le dernier de David Dayen : <em>Monopolized: life in the age of corporate power</em> (2020) qui est moins un essai analytique qu&rsquo;un inventaire immense d&rsquo;anecdote mettant en scène des industries en consolidation et qui a la plaisante idée d&rsquo;éviter de parler de l&rsquo;oligopole internet dont on parle trop. Je serais particulièrement heureux de lire le livre de Jonathan Tepper et Denise Hearn sur <em>The Myth of Capitalism: Monopolies and the Death of Competition</em> (2019) qui présente de manière plus académique le lien entre capitalisme et concentration industrielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des articles</h2>



<p>Il y aurait aussi un petit lot d&rsquo;articles que j&rsquo;aimerais discuter. J&rsquo;ai déjà lu certains d&rsquo;entre eux pour ma thèse, mais les idées qu&rsquo;ils discutent me stimulent encore et comme toujours, je ne suis pas certain d&rsquo;être convaincu de l&rsquo;avis que j&rsquo;ai à leur sujet. Il y a aussi certains d&rsquo;entre eux que j&rsquo;utilise dans le cadre de mes cours, donc je suis toujours curieux d&rsquo;en discuter pour en approfondir les diverses lectures qu&rsquo;on peut en faire.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Jeffrey Moriarty, « The Connection Between Stakeholder Theory and Stakeholder Democracy: An Excavation and Defense », <em>Business &amp; Society</em>, vol. 53,  no. 6, novembre 2014, pp. 820‑852.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Moriarty, Jeffrey, « The Demands of Stakeholder Theory for Corporate Governance », <em>Business Ethics Journal Review</em>, vol. 4,  no. 8, 2016, pp. 47–52.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Abizadeh, Arash, « Representation, Bicameralism, Political Equality, and Sortition: Reconstituting the Second Chamber as a Randomly Selected Assembly », <em>Perspectives on Politics</em>, janvier 2020, pp. 1‑16.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Moriarty, Jeffrey, « Against Pay Secrecy », <em>Journal of Applied Philosophy</em>, vol. 35,  no. 4, 2018, pp. 689‑704.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Zeitoun, Hossam, Osterloh, Margit et Frey, Bruno S., « Learning from Ancient Athens: Demarchy and Corporate Governance », <em>Academy of Management Perspectives</em>, vol. 28,  no. 1, 2014, pp. 1‑14.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Ciepley, David A, «&nbsp;Corporate Directors as Purpose Fiduciaries: Reclaiming the Corporate Law We Need&nbsp;», <em>SSRN Electronic Journal</em>, 2019.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Ciepley, David, «&nbsp;The Anglo-American misconception of stockholders as ‘owners’ and ‘members’: its origins and consequences&nbsp;», <em>Journal of Institutional Economics</em>, octobre 2019, pp.&nbsp;1‑20.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Ciepley, David, «&nbsp;The Neoliberal Corporation&nbsp;», <em>The Oxford Handbook of the Corporation</em>, février 2019.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Ciepley, David, «&nbsp;Can Corporations Be Held to the Public Interest, or Even to the Law?&nbsp;», <em>Journal of Business Ethics</em>, mai 2018, pp.&nbsp;1‑16.</li></ul>



<p></p>

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			</item>
		<item>
		<title>Hiérarchiser les parties prenantes ?</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2020/07/hierarchiser-les-parties-prenantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2020 04:30:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Design institutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique des affaires]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie politique et économique]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un récent billet de blogue, le prof de droit Ivan Tchotourian m&#8217;a fait découvrir un bref article du Harvard Law School Forum on Corporate Governance, : « A Hierarchy of Stakeholder Needs » (de Sarah Keohane Williamson, FCLTGlobal, 22 juin 2020). L&#8217;article, très bref, est en quelque sorte une réflexion sur une difficulté centrale [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans un récent billet de blogue, le prof de droit Ivan Tchotourian m&rsquo;a fait découvrir un bref article du <em>Harvard Law School Forum on Corporate Governance</em>, : <strong><a href="https://corpgov.law.harvard.edu/2020/06/22/a-hierarchy-of-stakeholder-needs/">« A Hierarchy of Stakeholder Needs »</a></strong> (de Sarah Keohane Williamson, FCLTGlobal, 22 juin 2020).</p>



<p>L&rsquo;article, très bref, est en quelque sorte une réflexion sur une difficulté centrale de la théorie des parties prenantes : comment savoir quelle partie prenante a préséance sur une autre? Comment trancher quand un conflit de priorité émerge?</p>



<p>La solution à ce problème proposé par l&rsquo;article n&rsquo;est pas particulièrement originale. Elle réplique la structure de ce qui est aujourd&rsquo;hui un lieu commun, la pyramide de Maslow et l&rsquo;applique à l&rsquo;entreprise et à ses priorités.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.fcltglobal.org/wp-content/uploads/FCLT_piechart_graphics_r1B_article-4-21-20_01-1024x1024.png" alt="" width="256" height="256"/><figcaption><a href="https://corpgov.law.harvard.edu/2020/06/22/a-hierarchy-of-stakeholder-needs/">L&rsquo;image de l&rsquo;article</a></figcaption></figure></div>



<p>L&rsquo;article ne remet pas en cause la priorité « long terme » des actionnaires. À ce titre, l&rsquo;article est moins dans le courant de la théorie des parties prenantes qu&rsquo;une formulation plus nuancée de la primauté actionnariale.</p>



<p>Le problème de la priorisation des parties prenantes est une difficulté centrale en ce texte fait bien de tenter d&rsquo;y trouver une solution. Dans ma thèse, je propose une solution alternative basée sur les idées de <em>voice</em> et d&rsquo;<em>exit</em> de l&rsquo;économiste Albert Hirschman et des contributions de la philosophie politique néorépublicaine. Je crois arriver à montrer que ces outils théoriques permettent de donner des pistes concrètes pour régler le problème de la priorisation.</p>

]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Balado épisode 21 &#8211; Philosophie de la sexualité, éthique et érobotique</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2020/07/balado-episode-21-philosophie-de-la-sexualite-ethique-et-erobotique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2020 13:58:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Baladodiffusion]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie politique et économique]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour l&#8217;épisode 21, Philosophie de la sexualité, éthique et érobotique, je discute avec Dave Anctil du lien entre les nouvelles technologie, l&#8217;intelligence artificielle et la sexualité. Dave et ses collaboratrices et collaborateurs ont écrit récemment ce bref, mais pertinent article.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Pour l&rsquo;épisode 21, <a rel="noreferrer noopener" target="_blank" href="https://ethiqueenpandemie.podbean.com/e/episode-21-philosophie-de-la-sexualite-ethique-et-erobotique/">Philosophie de la sexualité, éthique et érobotique</a>, je discute avec Dave Anctil du lien entre les nouvelles technologie, l&rsquo;intelligence artificielle et la sexualité. </p>



<iframe loading="lazy" title="Épisode 21 - Philosophie de la sexualité, éthique et érobotique" style="border: none;" scrolling="no" data-name="pb-iframe-player" src="https://www.podbean.com/media/player/warm9-e29167?from=yiiadmin&amp;download=1&amp;version=1&amp;skin=1&amp;btn-skin=104&amp;auto=0&amp;share=1&amp;fonts=Helvetica&amp;download=1&amp;rtl=0&amp;pbad=1" width="100%" height="122"></iframe>



<figure><iframe loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed-podcast/episode/5zY79XwdMKl6IfPYkidT2A" width="100%" height="232"></iframe></figure>



<p>Dave et ses collaboratrices et collaborateurs ont écrit récemment <a href="https://theconversation.com/cybersex-erotic-tech-and-virtual-intimacy-are-on-the-rise-during-covid-19-141769">ce bref, mais pertinent article</a>.</p>

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			</item>
		<item>
		<title>Balado épisode 20 : Éthique et politique de l&#8217;éducation</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2020/07/balado-ethique-et-politique-de-leducation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2020 18:26:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Baladodiffusion]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 20e épisode de ma balado porte sur la philosophie de l&#8217;éducation. Dans celui-ci, je discute l&#8217;enseignante et chercheure Alexandra Malenfant-Veilleux des divers conceptions de l&#8217;éducation qui circulent dans nos débats publics. Nous discutons notamment de la question de l&#8217;éducation humaniste libérale et de sa confrontation avec l&#8217;éducation « utilitariste », de Rousseau et surtout de la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<iframe loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed-podcast/episode/7lr6naHRjyTSyqPhjcrC1y" allowtransparency="true" allow="encrypted-media" width="100%" height="232" frameborder="0"></iframe>



<p>Le 20e épisode de ma balado porte sur la philosophie de l&rsquo;éducation. Dans celui-ci, je discute l&rsquo;enseignante et chercheure Alexandra Malenfant-Veilleux des divers conceptions de l&rsquo;éducation qui circulent dans nos débats publics. Nous discutons notamment de la question de l&rsquo;éducation humaniste libérale et de sa confrontation avec l&rsquo;éducation « utilitariste », de Rousseau et surtout de la question épineuse du financement des écoles privées. </p>



<p>Celles et ceux qui me connaissent savent que j&rsquo;ai longtemps eu une position claire sur le sujet. Je vous laisse deviner laquelle (en écoutant l&rsquo;épisode). Celle-ci a néanmoins été remise en question récemment. Des échanges avec des amis, collègues et des lectures sur cet enjeu important ont contribué à me faire questionner cette question. Est-ce que le financement des écoles privées ou son abolition allait réellement contribuer à la réalisation de mon idéal égalitariste? Plus j&rsquo;y réfléchissais, plus la question me semblait complexe. Comme nous en discutons dans ce balado, la question du financement des institutions d&rsquo;éducation ne doit pas être prise indépendante d&rsquo;autres éléments contribuant à favoriser l&rsquo;égalité des chances comme les modes de sélections ou d&rsquo;exclusion des étudiantes et étudiants dans ces écoles. En fait, peut-être que la question du financement des écoles privées n&rsquo;est pas l&rsquo;enjeu le plus important pour favoriser une réelle égalité des chances. Je vous laisse écouter pouvoir la proposition intéressante de mon invitée.</p>



<iframe loading="lazy" title="Éthique et politique de l'éducation" style="border: none;" scrolling="no" data-name="pb-iframe-player" src="https://www.podbean.com/media/player/va8fk-e1fcc3?from=yiiadmin&amp;download=1&amp;version=1&amp;skin=1&amp;btn-skin=107&amp;auto=0&amp;share=1&amp;fonts=Helvetica&amp;download=1&amp;rtl=0&amp;pbad=1" width="100%" height="122"></iframe>



<p>L&rsquo;<a href="https://podcasts.apple.com/ca/podcast/%C3%A9thique-en-pand%C3%A9mie/id1509532998">épisode est aussi disponible sur Apple Podcast</a>.</p>

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		<title>Faut-il encourager la vente à découvert?</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2020/07/faut-il-encourager-la-vente-a-decouvert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2020 17:47:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique des affaires]]></category>
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					<description><![CDATA[Wikipédia décrit la vente à découvert (to short en anglais) comme consistant : » à vendre à terme un actif que l&#8217;on ne détient pas le jour où cette vente est négociée mais qu&#8217;on se met en mesure de détenir le jour où sa livraison est prévue. ». Cette pratique est souvent mal comprise et généralement décriée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Wikipédia décrit la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vente_%C3%A0_d%C3%A9couvert">vente à découvert</a> (<em>to short</em> en anglais) comme consistant : » à vendre à terme un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Actif_financier">actif</a> que l&rsquo;on ne détient pas le jour où cette vente est négociée mais qu&rsquo;on se met en mesure de détenir le jour où sa livraison est prévue. ». Cette pratique est souvent mal comprise et généralement décriée comme étant une déclinaison particulièrement révoltante des dérives spéculatives du marché financier. Or, la question est moins claire qu&rsquo;on pourrait le croire. En fait, il est possible que l&rsquo;écosystème institutionnel entourant celles et ceux qui « short » ait des avantages positifs autant pour le marché financier que pour la société en général. </p>



<p>L&rsquo;argument favorable à la vente à découvert consiste à dire que la vente à découvert, c&rsquo;est-à-dire « parier » sur le fait que la valeur d&rsquo;un titre va descendre, crée un incitatif pour l&rsquo;investisseur de faire des recherches et à investiguer les pratiques qui pourraient nuire à l&rsquo;entreprise. Autrement dit, une entreprise peut être victime des investisseuses à découvert si celle-ci cache des pratiques douteuses ou des résultats défavorables. C&rsquo;est notamment ce qui est arrivé dans l&rsquo;affaire Valeant (l&rsquo;entreprise pharmaceutique lavaloise). Une jeune investisseuse ayant déniché dans les résultats de l&rsquo;entreprise est irrégularité a décidé de « shorter » l&rsquo;entreprise. Pour que son placement porte fruit, elle devait montrer que l&rsquo;entreprise était réellement surévaluée par le marché. Une « short-seller » ne fait que de l&rsquo;argent si le titre perds de la valeur. C&rsquo;est en ce sens où certains défendent l&rsquo;idée que le « short selling » est positif, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il est source de plus d&rsquo;information. Si le marché financier a une fonction de découverte de prix, la vente à découvert peut servir à améliorer la qualité de l&rsquo;information transmise par le prix.</p>



<p>Si vous voulez entendre un échange érudit sur le sujet, je vous recommande ce fascinant épisode du podcast <a href="https://capitalisnt.simplecast.com/episodes/e00d8282">Capitalisn&rsquo;t</a>. </p>



<iframe loading="lazy" scrolling="no" seamless="" src="https://player.simplecast.com/493c220d-07c3-4d27-b21f-c13ac28c8c35?dark=false" width="100%" height="200px" frameborder="no"></iframe>



<p>Si le sujet vous intéresse, il y a l&rsquo;épisode 3 de la première saison de la série Netflix Dirty Money qui raconte l&rsquo;histoire de Fahmi Quadir, une jeune investisseuse spécialisée dans la vente à découvert qui s&rsquo;est attaquée à Valeant. Il y a aussi le documentaire <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Betting_on_Zero">Betting on Zero</a> qui raconte l&rsquo;aventure du milliardaire Bill Ackman qui a utilisé la vente à découvert pour s&rsquo;attaquer à l&rsquo;entreprise Herbalife qui n&rsquo;était, selon lui, rien de plus qu&rsquo;une entreprise basée sur la vente pyramidale. </p>

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		<item>
		<title>Éthique dans le jeu This War of Mine</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2020/06/ethique-this-war-of-mine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2020 16:01:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Baladodiffusion]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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					<description><![CDATA[Le mois dernier, j&#8217;ai fait une entrevue avec l&#8217;ami Simon Dor (son la référence à cette discussion sur son site) sur les divers enjeux éthiques dans les jeux vidéos. Récemment, dans les médias sur le jeu vidéo, un article a résonné particulièrement avec cet échange. Dans cet article, on apprend notamment qu&#8217;en Pologne, le jeu [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le mois dernier, j&rsquo;ai fait une entrevue avec l&rsquo;ami Simon Dor (son<a href="https://www.simondor.com/"> la référence à cette discussion sur son site</a>) sur les divers enjeux éthiques dans les jeux vidéos. Récemment, dans les médias sur le jeu vidéo, un article a résonné particulièrement avec cet échange. Dans <a href="https://www.gamesindustry.biz/articles/2020-06-18-this-war-of-mine-will-be-added-to-polish-schools-reading-list">cet article</a>, on apprend notamment qu&rsquo;en Pologne, le jeu <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/This_War_of_Mine">This War of Mine</a></em> a commencé à être utilisé comme lecture recommandée. Le jeu met en scène un monde ravagé par la guerre et place la joueuse dans le rôle d&rsquo;une famille cherchant à survivre dans des conditions extrèmes. Cette situation extrême fait émerger rapidement des dilemmes éthiques difficiles.</p>



<p>Comme Simon et moi le disons dans notre discussion, ce jeu est un exemple exceptionnel de dilemme éthique dans un jeu vidéo. Le jeu regorge non seulement de dilemmes éthiques, mais il donne aussi accès facilement, par le biais de la fiction interactive, à des situations inédites qu&rsquo;on espère rarissime.</p>



<p>Le choix du gouvernement polonais montre bien la capacité des jeux vidéos de contribuer à la réflexion éthique en plaçant la personne jouant dans les souliers de gens réels pris à faire des choix. À l&rsquo;instant des expériences de pensées classiques en éthique et en philosophie, ce genre de jeu force à faire un choix difficile. Souvent inconfortables, les choix dans <em>This War of Mine </em>montre bien l&rsquo;expérience morale intense que représente la vie en situation de conflit.</p>



<iframe loading="lazy" title="Épisode 3 - Éthique et jeu vidéo" style="border: none;" scrolling="no" data-name="pb-iframe-player" src="https://www.podbean.com/media/player/m5a7y-dcbe66?from=yiiadmin&amp;download=1&amp;version=1&amp;skin=1&amp;btn-skin=104&amp;auto=0&amp;share=1&amp;fonts=Helvetica&amp;download=1&amp;rtl=0&amp;pbad=1" width="100%" height="122"></iframe>

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			</item>
		<item>
		<title>Simplicité fiscale</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2019/02/simplicite-fiscale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Feb 2019 00:13:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie politique et économique]]></category>
		<category><![CDATA[Républicanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Je discutais récemment avec un nouvel ami de la complexité de l&#8217;impôt. Nous évoquions à la fois les entreprises qui en font un modèle d&#8217;affaires et qui engagent des lobbyistes pour s&#8217;assurer que l&#8217;impôt ne soit pas plus simple ou plus clair (1, 2, 3). Nous partagions l’intuition qu’il y avait quelque chose de problématique [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Je discutais récemment avec un nouvel ami de la complexité de l&rsquo;impôt. Nous évoquions à la fois les entreprises qui en font un modèle d&rsquo;affaires et qui engagent des lobbyistes pour s&rsquo;assurer que l&rsquo;impôt ne soit pas plus simple ou plus clair (<a href="https://www.vox.com/2016/3/29/11320386/turbotax-boycott-lobbying-tax-filing-season-tax-day-april-15">1</a>, <a href="https://www.propublica.org/article/filing-taxes-could-be-free-simple-hr-block-intuit-lobbying-against-it">2</a>, <a href="https://www.forbes.com/sites/leonardburman/2013/04/15/the-tax-complexity-lobby/">3</a>). Nous partagions l’intuition qu’il y avait quelque chose de problématique tans le fait que l’impôt soit si complexe qu’il soit difficile d’avoir un débat public clair et constructif à son sujet sans avoir à se référer à des experts.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://cdn2.oceansbridge.com/2017/10/16145859/The-Income-Tax-%C2%96-Day-of-Appeal-John-Morgan-oil-painting.jpg" alt="" width="310" height="174"/></figure></div>



<p>En revenant de cette discussion, j&rsquo;ai pensé à ce billet que j&rsquo;avais récemment publié concernant le républicanisme scandinave. J&rsquo;y avais noté que la transparence était pour les républicains scandinaves une condition importante de la liberté. Je ne l&rsquo;avais pas noté dans mon résumé de l&rsquo;article de Nilsen, mais il faut savoir que la transparence est l&rsquo;une des trois conditions qu&rsquo;identifie Pettit dans son livre <em>On the People&rsquo;s Terms</em> pour définir ce qu&rsquo;est une politique légitime (donc non dominatrice) d&rsquo;une décision qui ne l&rsquo;est pas (donc dominatrice). Pour lui, la transparence est une condition nécessaire, car elle permet d&rsquo;ouvrir les décisions publiques à la contestation, pour pouvoir savoir si cette décision publique particulière participe à dominer un individu ou un groupe. Sans transparence, il est beaucoup plus difficile d&rsquo;imaginer une contestation efficace qui puisse réellement lutter contre les sources de la domination. L&rsquo;insistance des républicains scandinaves pour la transparence est donc profondément républicaine au sens où elle participe d&rsquo;un mouvement d&rsquo;appropriation des conditions de la liberté.</p>



<p>L&rsquo;impôt est de nos jours particulièrement complexe. Cette complexité a une origine dont l&rsquo;histoire serait à faire et dont les détails vont dans de multiples directions. Il y a les groupes qui en tirent profit, mais aussi politiques publiques électoralistes tout aussi bien que les projets de redistributions. Cependant, d&rsquo;une perspective républicaine, il est clair qu&rsquo;il est nécessaire de lutter contre une politique dont l&rsquo;idéal est noble (contribuer à financer des programmes et des services publics), mais dont la pratique rend de plus en plus possible la domination. Certes, il faut redistribuer et offrir des services publics aux citoyens et citoyennes. Cela participe à la liberté républicaine, mais il convient aussi que les mécanismes pour financer ces services soient transparents, impartiaux et contestables.</p>



<p><strong>Bibliographie</strong></p>



<p>

  Pettit, Philip, <em>On the People’s Terms: A Republican Theory and Model of Democracy</em>, Cambridge University Press, 2012.
  


</p>



<p>

  Nilsen, Håvard Friis, «&nbsp;Republican Monarchy: The Neo-Roman Concept of Liberty and the Norwegian Constitution of 1814&nbsp;», <em>Modern Intellectual History</em>, juin 2017, pp.&nbsp;1‑28.
  


</p>

]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le républicanisme monarchique ou le républicanisme scandinave</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2019/01/le-republicanisme-monarchique-ou-le-republicanisme-scandinave/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jan 2019 02:12:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Club de Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Républicanisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://gabrielmonette.republiquelibre.org/?p=1083</guid>

					<description><![CDATA[On a tendance, souvent à raison, à opposer républicanisme et monarchie. Cette dernière, le pouvoir d&#8217;un seul, du monarque, est appartement antithétique à l&#8217;idéal républicain fondé sur la liberté de l&#8217;individu de la domination arbitraire d&#8217;un autre. D&#8217;où le curieux intérêt de la contribution de Håvard Friis Nilsen au républicanisme. Dans un article qu&#8217;il publie [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>On a tendance, souvent à raison, à opposer républicanisme et monarchie. Cette dernière, le pouvoir d&rsquo;un seul, du monarque, est appartement antithétique à l&rsquo;idéal républicain fondé sur la liberté de l&rsquo;individu de la domination arbitraire d&rsquo;un autre. D&rsquo;où le curieux intérêt de la contribution de Håvard Friis Nilsen au républicanisme. Dans un article qu&rsquo;il publie en 2017, il argumente que la constitution norvégienne 1814 mêle la contribution monarchique au républicanisme. On ne sera pas surpris que c&rsquo;est là la recette idéale pour susciter mon intérêt : le républicanisme, un pays scandinave, la fin du siècle des lumières, une question originale&#8230;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Though the king of Denmark be an absolute monarch,  yet the Norwegians appear to enjoy all the blessings of freedom . . . You will<br> be surprised to hear me talk of liberty; yet the Norwegians appear to me to be the most free community I have ever observed »</p><cite>Mary Wollstenecraft (1796) cité dans Nilsen (2017)</cite></blockquote>



<p>Nilsen, dans son article, explore les échanges et les débats qui avaient lieu au début du XIXe siècle en Norvège, au moment ou se structuraient les principes qui allaient apparaitre sur la constitution de 1814 et se préparait son indépendance de tutelle danoise. Il y présente un vocabulaire fortement républicain. On y voit notamment les thèmes classiquement républicains : liberté vs esclavage, courage vs servilité, honneur vs déshonneur et un rejet de la noblesse, des titres  au profit d&rsquo;un éthos égalitariste et du patriotisme (p4).</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ed/Eidsvoll_riksraad_1814.jpeg/1920px-Eidsvoll_riksraad_1814.jpeg" alt="" width="331" height="221"/><figcaption>L&rsquo;assemblée constituante d&rsquo;Eidsvoll en mai 1814</figcaption></figure></div>



<p>Le projet de Nilsen est de montrer que le XIXe siècle scandinave n&rsquo;était pas seulement un moment libéral classique concerné par les luttes anti-esclavagistes et les mouvements populaires et ouvriers, mais aussi un moment républicain. Il est nécessaire pour lui de réaligner l&rsquo;histoire des nations nordiques qui se formaient dans le plus grand cadre du républicanisme atlantique. Les guerres napoléoniennes avaient été terribles pour la région. Le Danemark, aligné avec la France avait vu sa capitale Copenhague être bombardé par la flotte britannique. Suite au Traité de Kiel de 1814, le contexte était si dramatique que le roi danois Frédéric VI a dû céder la Norvège à la Suède. Évidemment, le public norvégien était outragé d&rsquo;être ainsi transféré sans leur consentement. Ce sont ces événements qui participèrent à mobiliser le peuple norvégien et à motiver la rédaction de la première constitution moderne du pays le 17 mai 1814.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« The great impact of the republican language of liberty continued its spread in Norway and the rest of Scandinavia throughout the nineteenth century: we find the language of liberty as independence from arbitrary power in the labour movement, the women’s movement and even the teetotal movement, as well as in the plays, poems and novels of the three Scandinavian countries towards the end of the nineteenth century – suffice it to mention Ibsen, Bjørnson, Strindberg and Brandes. In sum, we may speak of a “Scandinavian republicanism.” »</p><cite> Nilsen (2017) </cite></blockquote>



<p>La rédaction de la constitution se déroula particulièrement rapidement, en quelques mois. Le résultat fut une constitution aux accents clairement républicains rejetant notamment la monarchie absolue (danoise), la noblesse, et établissant un suffrage parmi les plus progressistes d&rsquo;Europe. Elle fut depuis révisée souvent, mais était à l&rsquo;époque l&rsquo;une des constitutions les plus radicalement démocratique et égalitaire. Néanmoins, ce n&rsquo;était pas la constitution d&rsquo;un peuple libre. La Norvège restera jusqu&rsquo;en 1905 unie à la Suède (en gardant une part importante de sa constitution).</p>



<p>Nilsen montre bien dans son texte la tension qui était à l’œuvre. D&rsquo;un côté se trouvait la réalité politique d&rsquo;une petite nation prise dans le jeux de grandes puissances (le Danemark et Suède, mais aussi le Royaume-Uni ayant des intérêts régionaux) et de l&rsquo;autre l&rsquo;idéal républicain de liberté comme absence de domination. Cette tension est l&rsquo;un des facteurs qui expliquent la nature à la fois progressiste et démocratique de la constitution et les résidus monarchiques qu&rsquo;on y trouve. Ce contexte faisait que la question de l&rsquo;indépendance resta centrale tandis que la question de la monarchie reste en arrière-plan.  Même si le ton des participants à l&rsquo;assemblée constituante était clairement républicain et que ceux-ci ont sans trop de controverse aboli la noblesse, la monarchie gouvernante resta en place. <br></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« To sell oneself as a slave, to surrender one’s personal freedom and independence  [selvstændighed] to another’s will, who may thereby treat us no longer as persons, but  as lifeless objects or mute animals, is a morally impossible act, that dissolves itself. It is an impossible act for individuals, should it not be equally impossible for peoples or states? »</p><cite>Georg Sverdrup (1770–1850), cité dans Nilsen (2017)</cite></blockquote>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/54/Georg_Sverdrup.jpg/230px-Georg_Sverdrup.jpg" alt="" width="165" height="204"/><figcaption>Georg Sverdrup (1770–1850)</figcaption></figure></div>



<p>Les républicains s&rsquo;opposent traditionnellement à la monarchie et à son aristocratie. La position dominante qu&rsquo;ils occupent dans les sociétés ouvre la porte à beaucoup d&rsquo;arbitraires, donc de domination. Il n&rsquo;est donc pas surprenant que les constituants norvégiens aient voulu s&rsquo;en débarrasser. Cependant, ce qui peut étonner et peut-être contribuer à expliquer la survie de la monarchie norvégienne malgré la disparition des privilèges nobiliaire est l&rsquo;élément qui dérangeait le plus les constituants : le secret, le manque de transparence de ceux-ci. En fait, Nilsen remarque que la raison principale pour abolir la noblesse était le secret dans lequel ils vivaient. Le secret est pour eux contraire aux principes républicains. C&rsquo;était pour eux le secret qui permettait aux élites de dominer et de corrompre. La politique la plus propice à la liberté républicaine serait donc la transparence. Une transparence qui est encore aujourd&rsquo;hui une caractéristique du « modèle scandinave ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« I will claim that an important background  to the egalitarian ethos of the Scandinavians and the intellectual roots of the  “Nordic model” is the neo-Roman or republican concept of liberty »</p><cite>Nilsen (2017)</cite></blockquote>



<p>Une dernière petite note sur le ton de l&rsquo;ironie. Nilsen remarque que la pauvreté de la Norvège à l&rsquo;époque était rarement utilisée comme un argument pour se soumettre à une plus grande puissance. Bien au contraire, pour  Sverdrup  (cité plus haut), la pauvreté du pays était considérée comme un bien, car si la nation avait été favorisée par la nature, elle aurait été plus appétissante pour les despotes et les forces étrangères. Or, aujourd&rsquo;hui, la Norvège jouit d&rsquo;une ressource naturelle lui offrant une richesse démesurée&#8230;</p>



<p>Bibliographie</p>



<p>Nilsen, Håvard Friis, « Republican Monarchy: The Neo-Roman Concept of Liberty and the Norwegian Constitution of 1814 », <em>Modern Intellectual History</em>, juin 2017, pp. 1‑28.    </p>

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		<title>La liberté et l&#8217;espace</title>
		<link>https://gabrielmonette.republiquelibre.org/2018/12/la-liberte-et-lespace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[gmonette]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Dec 2018 04:22:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique de l'espace]]></category>
		<category><![CDATA[Républicanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Poser la question de l&#8217;organisation sociale des humains qui vivront peut-être un jour dans l&#8217;espace implique de réfléchir au type de régime qui sera en place. Tendra-t-il vers la démocratie ou plutôt vers la tyrannie? Pour l&#8217;astrophysicien britannique Charles S. Cockell (personnage fascinant s&#8217;il en est un), cette question implique d&#8217;abord une réflexion sur les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Poser la question de l&rsquo;organisation sociale des humains qui vivront peut-être un jour dans l&rsquo;espace implique de réfléchir au type de régime qui sera en place. Tendra-t-il vers la démocratie ou plutôt vers la tyrannie? Pour l&rsquo;astrophysicien britannique <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_S._Cockell">Charles S. Cockell (personnage fascinant s&rsquo;il en est un)</a>, cette question implique d&rsquo;abord une réflexion sur les moyens de minimiser la tyrannie dans les potentielles sociétés humaines de l&rsquo;espace par des moyens physiques. Vous devinerez que j&rsquo;ai rapidement été curieux d&rsquo;en apprendre plus sur ses idées, car parler en termes de liberté et de tyrannie résonne avec mes cordes républicaines.</p>



<p>Cockell remarque, dans un article intitulé : <em>Extraterrestrial Liberty: Can It Be Planned? </em> publié dans un recueil qu&rsquo;il a édité sur le sujet, que l&rsquo;environnement spatial est particulièrement propice à la tyrannie, notamment parce que les individus y sont singulièrement à la merci de choses qui, sur terre, sont encore tenues pour acquises.  L&rsquo;exemple le plus clair est l&rsquo;oxygène. Ici, aucun tyran n&rsquo;a  jusqu&rsquo;aujourd&rsquo;hui réussi à contrôler une population en contrôlant les  moyens de se procurer de l&rsquo;air, mais le contexte des premiers établissements humains extraterrestre invite à penser que ce sera une ressource rare et dont l&rsquo;accès pourrait être facilement contrôlé par des potentiels despotes. Le fait que l&rsquo;environnement spatial ne rend pas facile la décentralisation est en soi un risque pour la liberté dans l&rsquo;espace. C&rsquo;est pourquoi, selon lui, il est nécessaire de penser à la production matérielle d&rsquo;outils (comme des moyens de produire de l&rsquo;air aisément) et d&rsquo;habitats facilement repliables qui faciliterait la décentralisation.</p>



<p>Pour Cockell, avant même de se poser les questions politiques traditionnelles comme l&rsquo;organisation politique, le système de gouvernement, de vote, il est nécessaire de réfléchir à son contexte physique, matériel. Pour lui, réaliser la liberté dans le contexte spatial est pour commencer une question d&rsquo;ingénierie. Il est nécessaire de développer des technologies, des outils facilement disponibles pour les individus vivant dans l&rsquo;espace.</p>



<p>Lire des écrits de Cockell fut pour moi comme une bouffé d&rsquo;air, car Cockell n&rsquo;aborde pas la question de la liberté par la voie des philosophes. Il aborde la question avec le regard d&rsquo;un scientifique spécialisé dans les questions spatiales. Quand il parle de liberté, il ne se lance pas dans les distinctions communes chez les philosophes entre liberté négative et positive. Néanmoins, sa conception de la liberté semble très près de celle des républicains. En effet, pour lui, le danger du contexte spatial n&rsquo;est pas l&rsquo;interférence directe des tyrans dans la vie des individus. Il ne parle pas de despotes venant s&rsquo;attaquer directement aux individus, mais à l&rsquo;organisation des moyens physiques qui pourraient limiter la contestation des individus. C&rsquo;est l&rsquo;arbitraire potentiel qui le préoccupe. En ce sens, il est très républicain.</p>



<p>Réfléchir sur les enjeux politiques du développement de sociétés humaines dans l&rsquo;espace requiert un grand nombre de suppositions. Il faut l&rsquo;humain soit encore moralement et psychologiquement encore celui que nous connaissons aujourd&rsquo;hui pour se poser la question de la liberté comme il le fait. Il faut que les développements en intelligence artificielle, en robotiques et en informatiques ne le transforment pas radicalement. Cela dit, l&rsquo;exercice est pour moi plaisant et fructueux.</p>



<p><strong>Bibliograhie</strong></p>



<ul class="wp-block-list"><li>Cockell, Charles S, «&nbsp;Extraterrestrial Liberty: Can It Be Planned?&nbsp;», dans Cockell, Charles S,&nbsp;dir., <em>Human Governance Beyond Earth Implications for Freedom</em>, 2015.   </li><li>Cockell, Charles S,&nbsp;dir., <em>The meaning of liberty beyond earth</em>, New York, Springer, 2014.</li></ul>

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